Saturday, May 7, 2022

 

Invitation vernissage à l'Hôtel de Massa,

siège de la Société des Gens de Lettres


 Christophe Hardy, Président SGDL

Odile Suganas

François Thiéry, Secrétaire général SGDL


 Odile Suganas

Christophe Hardy, Président SGDL


 Christophe Hardy, Président SGDL

Odile Suganas

François Thiéry, Secrétaire général SGDL

Thursday, October 25, 2018










                                       
              


    


               

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Interview Odile Suganas par Claude Bochurberg - Radio Chalom 5.12.2018

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Derzählungen /Nouvelles
de
Dovid UMRU
(1910-1941)


Comme l'écrit Paris Normandie,
Odile Suganas reconstruit sa mémoire







Pour commande : osuganas@gmail.com ou 06 17 01 73 86




Henry  BULAWKO
(1918-2011)

Toujours présent dans nos mémoires, voici quatre ans que Henry Bulawko nous a quitté un 27 novembre. Homme intègre et modeste, il tranchait du monde contemporain dans lequel le paraître et l’argent sont rois.Il était tout, sauf cela.

     Son regard bleu pâle pétillait de chaleur et de générosité. Il saupoudrait toujours sa parole d’un brin d’humour. C’était Un humaniste, un être généreux au service des autres, recherchant leur bien, fût-ce au détriment de sa propre personne. Tout au long de son existence, il a ainsi affirmé un courage intellectuel et moral sans faille[1]. Présent dans tous les grands débats, infatigable avec une parole facile et claire.

        Après lui avoir envoyé le manuscrit de Mosaïque pour lui demander s’il acceptait d’en faire la préface, c’est pratiquement par retour du courrier qu’il m’a fixé rendez-vous au Congrès juif mondial.


Henry Bulawko et Jacques Toubon au lancement de Mosaïque

    Né Litvak à Lida, aujourd’hui en Biélorussie, il m’a raconté que lors d’un de ses séjours en Russie à l’occasion d’un séminaire, on lui avait proposé de l’emmener revoir sa ville natale. Il avait refusé. Comme il l’écrit dans la présentation de Mosaïque « J’étais parti trop jeune du pays (six ans) où je suis né et j’étais persuadé de n’y retrouver aucun membre de ma famille … Je ne souhaitais pas revenir au pays des ombres ». Peu de temps après, il me confia que la lecture du livre le lui avait fait regretter. Maintenant, il est trop tard avait-il ajouté.


Henry Bulawko et Jacques Toubon au lancement de Mosaïque

     Cette autre confidence montre aussi qui il était, lorsqu’il me relata avoir été sollicité pour faire partie d’un jury de prix littéraire (je ne dirai pas lequel).  Dès le début de la séance, il s’aperçut que les jeux étaient tronqués et que tout cela n’était qu’une mascarade. Outré, il partit en claquant la porte, au figuré naturellement, car c’était un homme fort courtois.

       Loin de moi la prétention de dire que j’étais une intime ; mais je me suis sentie honorée le jour où il m’a tutoyé.

        C’était un être irremplaçable. Il nous manque.






[1] Hommage prononcé à la fondation Rothschild le 2 décembre par Raphaël Esrail, Président de l’Union des déportés d’Auschwitz (UDA). 

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Dovid Umru,
écrivain fauché dans son envol
(1910 - 1941)





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Pour commande : osuganas@gmail.com ou 06 17 01 73 86



Sunday, February 8, 2015

« Un témoignage fort devant les CM2 de l’école Marceau »

C’est sous ce titre que le journal Ouest-France a relaté mon intervention devant les élèves de CM2 de l’école Marceau au Mans où étaient solarisés mes cousins Michel, Jacques, Hélène et Jeanne Suganas, déportés avec leurs parents.

Rappelons qu’une plaque a été posée en juin 2009 avec l’aide des Fils et Filles des déportés Juifs de France et l’entière coopération de la mairie du Mans.

Madame la directrice de l’Ecole Marceau, Anne Fonteneau, a rappelé la publication de mon livre : Mosaïque ou reconstitution d’une mémoire, Graphein -Paris, 2000.


Pour lire l’article d’OUEST-France du 27-28 juin 2015, cliquer sur le lien ci-joint.








Plaque à la mémoire des enfants Suganas - Ecole Marceau



A Une partie des CM2 Ecole Marceau - Le Mans
























Actualité juive, janvier 2015



Cahiers Bernard Lazare, janvier 2015





Interview par Lollie Traore
radio la Sentinelle 97.9 ROUEN.



Interview par Claude Bochurberg
radio 94.8 PARIS










                                                                     



Friday, December 26, 2014

Mes rencontres avec Avrom Sutzkever


Dans ma jeunesse, son nom était prononcé par maman les rares fois qu’elle faisait allusion à son frère Dovid Umru[i], mon oncle écrivain, disparu dans la Shoah. Leurs noms accolés l’un à l’autre étaient restés gravés dans ma mémoire - blessure ouverte, jamais cicatrisée.

Des décennies plus tard, en 1989, André Velter publiait un article dans Le Monde sur les poèmes d’Avrom Sutzkever[ii], traduits sous le titre Où gitent les étoiles[iii] Ma réaction fut immédiate, deux mois plus tard j’étais en Israël, à Tel Aviv où il vivait.


Avrom Sutzkever, Bd. Rothschild, Tel Aviv, 1992
C’est au siège de la revue yiddish Die Goldene Keyt (la chaîne d’or), le seul journal littéraire en yiddish, qu’il dirigeait depuis 1949, qu’il m’avait fixé rendez-vous. Alors que j’avançais dans un couloir, un homme mince, pas très grand, au regard bleu aquarelle, vint à ma rencontre, son légendaire chapeau sur la tête. À quelques mètres de moi, il s’immobilisa et me demanda si j’étais bien la nièce d’Umru. J’acquiesçai, ses bras s’ouvrirent et nous éclatâmes tous deux en sanglots. Dans un murmure, il ne cessait de me répéter Heym, heym (la maison, le pays natal) »…

Le jour même, je lui ai demandé s’il possédait des livres d’Umru et je l’entendis me répondre  Oui, un Derner (Ronces)[iv]. Mais il fallait qu’il le recherche dans sa bibliothèque. Il me promit de le faire. Un an après, en visite à Paris, il vint me voir chez moi, et la première chose qu’il fit fut de m’offrir l’unique exemplaire qu’il possédait en me disant Tu voie, j’ai tenu parole.


Avrom Sutzkever, chez moi à Paris, 1991

Ce livre qu’il m’offrait en cadeau près de cinquante ans après sa parution, Avrom Sutzkever l’avait emporté précieusement avec ses compagnons des Brigades de papier, ainsi appelées car elles sauvèrent de la destruction nazie des trésors de la culture juive, en s’enfuyant par les égouts du ghetto de Vilna, pour rejoindre les partisans dans la forêt de Narocz.

A chacun de mes voyages en Israël, nous nous rencontrions toujours dans ce même salon de thé de l’avenue Rothschild, à Tel Aviv. Ma présence représentait pour lui tout un pan de sa vie, et lui représentait pour moi un oncle cher que je n’avais pas connu. Un jour, il me confia qu’il aimerait retourner à Vilnius. Puis il tomba malade, il ne désirait pas que je le vois diminué.


Avrom Sutzkever,, et Odile Suganas,  Bd. Rothschild, 1995

Jamais je n’oublierai l’intense émotion qui nous a saisis, Avrom Sutzkever et moi, lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 1989 à la Goldene Keyt. Comme des retrouvailles de liens filiaux qui me permettaient de recueillir, d’absorber, de combler le manque affectif, lui, l’ami d’Umru que je n’ai jamais connu.


Avrom Sutzkever, Tel Aviv, 1992




[i] Auteur de À la croisée des chemins, Paris, Bibliothèque Medem
[ii] Né à Smorgon, aujourd’hui en Biélorussie, le 15 juillet 1913, et mort à Tel Aviv le 20 janvier 2010. Durant la Première Guerre mondiale, sa famille se réfugie en Sibérie puis s’installe à Vilnius en 1922. Avrom Sutzkever fait partie du mouvement littéraire Yung Vilne, Jeune Vilna, à Vilnius. Enfermé dans le ghetto de Vilna, il rejoint les partisans. Il témoigne au procès de Nuremberg ainsi que dans le Livre noir, dirigé par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, Arles, Actes Sud, 1995. Le Ghetto de Vilna est traduit par Charles Brenasin, éditions Cooped et l’Association des Vilnois en France, 1950,  
[iii] Où gitent les étoiles, Paris, Seuil, 1988
[iv] S. Joselevičiaus spaustuvé, Laisvés al. 76 Nr., Kaunas, 1939