Thursday, October 25, 2018


Rencontre à Saint-Germain des Prés à la

  librairie "L’Écume des Pages"

30 janvier 2019 à 19 H




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 Odile Suganas, interview sur "Saga d'une famille juive de la cour de Catherine II à la France d'aujourd'hui"


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 Qui n'a rêvé de partir un jour sur les traces de sa famille,

   en faisant fi des distances et des complications ?







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Interview Odile Suganas par Claude Bochurberg - Radio Chalom 5.12.2018

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Derzählungen /Nouvelles
de
Dovid UMRU
(1910-1941)


Comme l'écrit Paris Normandie,
Odile Suganas reconstruit sa mémoire







Pour commande : osuganas@gmail.com ou 06 17 01 73 86




Henry  BULAWKO
(1918-2011)

Toujours présent dans nos mémoires, voici quatre ans que Henry Bulawko nous a quitté un 27 novembre. Homme intègre et modeste, il tranchait du monde contemporain dans lequel le paraître et l’argent sont rois.Il était tout, sauf cela.

     Son regard bleu pâle pétillait de chaleur et de générosité. Il saupoudrait toujours sa parole d’un brin d’humour. C’était Un humaniste, un être généreux au service des autres, recherchant leur bien, fût-ce au détriment de sa propre personne. Tout au long de son existence, il a ainsi affirmé un courage intellectuel et moral sans faille[1]. Présent dans tous les grands débats, infatigable avec une parole facile et claire.

        Après lui avoir envoyé le manuscrit de Mosaïque pour lui demander s’il acceptait d’en faire la préface, c’est pratiquement par retour du courrier qu’il m’a fixé rendez-vous au Congrès juif mondial.


Henry Bulawko et Jacques Toubon au lancement de Mosaïque

    Né Litvak à Lida, aujourd’hui en Biélorussie, il m’a raconté que lors d’un de ses séjours en Russie à l’occasion d’un séminaire, on lui avait proposé de l’emmener revoir sa ville natale. Il avait refusé. Comme il l’écrit dans la présentation de Mosaïque « J’étais parti trop jeune du pays (six ans) où je suis né et j’étais persuadé de n’y retrouver aucun membre de ma famille … Je ne souhaitais pas revenir au pays des ombres ». Peu de temps après, il me confia que la lecture du livre le lui avait fait regretter. Maintenant, il est trop tard avait-il ajouté.


Henry Bulawko et Jacques Toubon au lancement de Mosaïque

     Cette autre confidence montre aussi qui il était, lorsqu’il me relata avoir été sollicité pour faire partie d’un jury de prix littéraire (je ne dirai pas lequel).  Dès le début de la séance, il s’aperçut que les jeux étaient tronqués et que tout cela n’était qu’une mascarade. Outré, il partit en claquant la porte, au figuré naturellement, car c’était un homme fort courtois.

       Loin de moi la prétention de dire que j’étais une intime ; mais je me suis sentie honorée le jour où il m’a tutoyé.

        C’était un être irremplaçable. Il nous manque.






[1] Hommage prononcé à la fondation Rothschild le 2 décembre par Raphaël Esrail, Président de l’Union des déportés d’Auschwitz (UDA). 

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Dovid Umru,
écrivain fauché dans son envol
(1910 - 1941)





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Pour commande : osuganas@gmail.com ou 06 17 01 73 86



Sunday, February 8, 2015

« Un témoignage fort devant les CM2 de l’école Marceau »

C’est sous ce titre que le journal Ouest-France a relaté mon intervention devant les élèves de CM2 de l’école Marceau au Mans où étaient solarisés mes cousins Michel, Jacques, Hélène et Jeanne Suganas, déportés avec leurs parents.

Rappelons qu’une plaque a été posée en juin 2009 avec l’aide des Fils et Filles des déportés Juifs de France et l’entière coopération de la mairie du Mans.

Madame la directrice de l’Ecole Marceau, Anne Fonteneau, a rappelé la publication de mon livre : Mosaïque ou reconstitution d’une mémoire, Graphein -Paris, 2000.


Pour lire l’article d’OUEST-France du 27-28 juin 2015, cliquer sur le lien ci-joint.








Plaque à la mémoire des enfants Suganas - Ecole Marceau



A Une partie des CM2 Ecole Marceau - Le Mans
























Actualité juive, janvier 2015



Cahiers Bernard Lazare, janvier 2015





Interview par Lollie Traore
radio la Sentinelle 97.9 ROUEN.



Interview par Claude Bochurberg
radio 94.8 PARIS










                                                                     



Friday, December 26, 2014

Mes rencontres avec Avrom Sutzkever


Dans ma jeunesse, son nom était prononcé par maman les rares fois qu’elle faisait allusion à son frère Dovid Umru[i], mon oncle écrivain, disparu dans la Shoah. Leurs noms accolés l’un à l’autre étaient restés gravés dans ma mémoire - blessure ouverte, jamais cicatrisée.

Des décennies plus tard, en 1989, André Velter publiait un article dans Le Monde sur les poèmes d’Avrom Sutzkever[ii], traduits sous le titre Où gitent les étoiles[iii] Ma réaction fut immédiate, deux mois plus tard j’étais en Israël, à Tel Aviv où il vivait.


Avrom Sutzkever, Bd. Rothschild, Tel Aviv, 1992
C’est au siège de la revue yiddish Die Goldene Keyt (la chaîne d’or), le seul journal littéraire en yiddish, qu’il dirigeait depuis 1949, qu’il m’avait fixé rendez-vous. Alors que j’avançais dans un couloir, un homme mince, pas très grand, au regard bleu aquarelle, vint à ma rencontre, son légendaire chapeau sur la tête. À quelques mètres de moi, il s’immobilisa et me demanda si j’étais bien la nièce d’Umru. J’acquiesçai, ses bras s’ouvrirent et nous éclatâmes tous deux en sanglots. Dans un murmure, il ne cessait de me répéter Heym, heym (la maison, le pays natal) »…

Le jour même, je lui ai demandé s’il possédait des livres d’Umru et je l’entendis me répondre  Oui, un Derner (Ronces)[iv]. Mais il fallait qu’il le recherche dans sa bibliothèque. Il me promit de le faire. Un an après, en visite à Paris, il vint me voir chez moi, et la première chose qu’il fit fut de m’offrir l’unique exemplaire qu’il possédait en me disant Tu voie, j’ai tenu parole.


Avrom Sutzkever, chez moi à Paris, 1991

Ce livre qu’il m’offrait en cadeau près de cinquante ans après sa parution, Avrom Sutzkever l’avait emporté précieusement avec ses compagnons des Brigades de papier, ainsi appelées car elles sauvèrent de la destruction nazie des trésors de la culture juive, en s’enfuyant par les égouts du ghetto de Vilna, pour rejoindre les partisans dans la forêt de Narocz.

A chacun de mes voyages en Israël, nous nous rencontrions toujours dans ce même salon de thé de l’avenue Rothschild, à Tel Aviv. Ma présence représentait pour lui tout un pan de sa vie, et lui représentait pour moi un oncle cher que je n’avais pas connu. Un jour, il me confia qu’il aimerait retourner à Vilnius. Puis il tomba malade, il ne désirait pas que je le vois diminué.


Avrom Sutzkever,, et Odile Suganas,  Bd. Rothschild, 1995

Jamais je n’oublierai l’intense émotion qui nous a saisis, Avrom Sutzkever et moi, lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 1989 à la Goldene Keyt. Comme des retrouvailles de liens filiaux qui me permettaient de recueillir, d’absorber, de combler le manque affectif, lui, l’ami d’Umru que je n’ai jamais connu.


Avrom Sutzkever, Tel Aviv, 1992




[i] Auteur de À la croisée des chemins, Paris, Bibliothèque Medem
[ii] Né à Smorgon, aujourd’hui en Biélorussie, le 15 juillet 1913, et mort à Tel Aviv le 20 janvier 2010. Durant la Première Guerre mondiale, sa famille se réfugie en Sibérie puis s’installe à Vilnius en 1922. Avrom Sutzkever fait partie du mouvement littéraire Yung Vilne, Jeune Vilna, à Vilnius. Enfermé dans le ghetto de Vilna, il rejoint les partisans. Il témoigne au procès de Nuremberg ainsi que dans le Livre noir, dirigé par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, Arles, Actes Sud, 1995. Le Ghetto de Vilna est traduit par Charles Brenasin, éditions Cooped et l’Association des Vilnois en France, 1950,  
[iii] Où gitent les étoiles, Paris, Seuil, 1988
[iv] S. Joselevičiaus spaustuvé, Laisvés al. 76 Nr., Kaunas, 1939

Saturday, November 15, 2014

osuganas@gmail.com

Recueil :  États d'âme



Vient de paraître: 
Poèmes de jeunesse, reflets de mes Etats d’âme. « Flux et reflux d’émotions contraires, mouvement perpétuel, tels les battements du cœur », … « Elle exalte ce trop-plein de sève contenue », comme l’écrit Malvina Silberman dans sa préface.

En vente : 
                  Librairie L’Ecailler, 101, rue du Théâtre 75015

                  Mémorial de la Shoah, Paris 75004 Paris et en ligne
                  contact@memorialdelashoah.org
                  Memorial de Caen 
                  Librairie du Temple, Paris
                  Maison de la culture yiddish, Paris 10ème
                  Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, Paris 3ème
                  Librairie Le Divan, Paris 15ème
                  Museum of Jewish Heritage, New York
                  Librairie Albertine, New York
                  Librairie française, Vilnius, Lituanie
                  Yad Vashem, Jérusalem, Israël

                 



Thursday, October 10, 2013

Poèmes: Etats d'âme - Automnale

Couverture magazine Brasta 2012



Ces deux poèmes ont été publiés et traduits en lituaniens dans la revue Brasta, n°2-3 2012





Les poèmes Etats d'âme et Automnale en français et en lituanien



Saturday, October 13, 2012

"C'était mon copain..."

Un homme de mémoire: Claude AUDINOT
Cahiers Bernard Lazare - Juillet-août 2001

Il croyait que nous étions tous morts. Lorsque je compose son numéro de téléphone, c’est sa femme qui me répond - Je lui demande alors prudemment si son mari est cardiaque. Je peux entrer en contact avec lui, l’ami de Jacques Suganas  -  Fin janvier 2001, nous sommes dans le TGV qui nous conduit au Mans où lui, Claude Audinot nous attend à la gare - Le dernier signe de vie des Suganas date du 21 octobre 1942, du camp de Drancy.

Mais laissons la parole à Claude Audinot.

“La famille Suganas se composait de Salomon, le père (origine russe), 52 ans, Cilie, la mère (lituanienne) 41 ans, Michel, Charles, le fils aîné, 17 ans, Jacques, Maurice (mon copain de jeux), 15 ans, Hélène, Louise, 13 ans et Jeanne la plus jeune 10 ans.

Par nos parents qui étaient à la fois voisins et en relations de commerce, nous sommes devenus camarades de jeux et amis depuis 1935. En-dehors de la scolarité, nous étions très souvent ensemble, soit sur la place du Pâtis St Lazare, notre terrain de jeux, soit souvent chez eux, car ils possèdaient une très grande cour, mais surtout des bâtiments très vastes pour le stockage des balles de papiers et chiffons et d’autres de stockage des peaux avec un étage et deux escaliers très agréables pour jouer au loup les jours de pluie. Aux beaux jours, nous allions dans le jardin assez vaste agrémenté d’un grand abri de jardin. Notre lieu de prédilection était le parc aux vieilles voitures et camions où nous passions des journées entières à jouer, en faisant ronfler les moteurs après des heures de mise en route, parfois, malheureusement sans résultat.

Le temps passait rapidement et nos parents étaient rassurés de nous savoir occupés et sous leur surveillance partielle. Souvent, vers 16 heures, Madame Suganas m’invitait, comme nous le disions à cette époque “au 4 heures”. Nous mangions des tartines de confiture ou de crème au chocolat avec des gâteaux secs.

Avant la guerre, au mois d’août, toute la famille faisait une promenade à Pornichet ou à la montagne au Mont d’Ore et passait ensuite deux semaines à la campagne à Challes dans une maison du bourg en location.

La guerre se déclencha le 2 septembre 1939. Quelques jours après, je me souviens que Monsieur “Salomon” vint un jour voir mon père pour lui dire que son camion américain, un Chevrolet tout neuf acheté en 1938, était réquisitionné par l’armée française et que cela était un handicap très important pour son commerce.

L’occupation arriva, certains décrets du gouvernement et de l’occupant, obligeaient les Israélites qui résidaient en France à porter l’étoile jaune ; la ségrégation naissait.

Printemps 42. Je me souviens un soir que Monsieur Salomon était venu faire souder une pièce à mon père. La soudure terminée, ils se mirent à parler politique comme très souvent. Mon père aimait beaucoup cela ; ils discutèrent de la situation et mon père lui dit    : Salomon, tu devrais réfléchir à la situation, il faudrait peut-être penser à vous cacher à la campagne ou ailleurs du moins à faire partir les enfants. Mon père ajouta que les Américains n’étaient pas encore prêts d’arriver, mais Monsieur Salomon pensait qu’ils viendraient rapidement tenant compte de la situation. Mon père lui répondit qu’ils feraient comme à l’autre guerre, qu’ils arriveraient quand les Allemands seraient épuisés par les Russes, c’est-à-dire environ trois ans.

Monsieur Salomon dit que sa femme ne voulait pas se séparer de ses enfants. S’il n’y avait que lui, il ne l’aurait pas vivant mais avec les enfants et sa femme, qui n’était pas très solide, il ne pouvait rien faire que de rester avec eux jusqu’au bout.

Mon père insista et lui proposa de parler avec un ami, ancien commerçant en retraite qui habitait boulevard Anatole France au Mans et de les cacher à la campagne dans un lieu sûr, qu’il avait en sud Sarthe.

Le 16 juillet 1942, je suis allé à 14h30 au cinéma Rex à Pont-Lieue avec Jacques Suganas et un camarade du quartier voir le film avec Fernandel “Fric-Frac”. Après le film, nous sommes rentrés à pied à la maison au Pâtis St Lazare. Nous avons mangé une tartine et continué de discuter du film et de choses et d’autres. Vers 19h30, Jacques est rentré chez lui ce soir-là, sans précipitation : était-ce un pressentiment ... ?

A 20 h, mon père qui fermait son magasin cria : Venez vite, ils viennent chercher les Suganas. Devant chez eux stationnaient trois voitures (deux citroëns et une Celta-quatre Renault). Tous les voisins autour du Pâtis étaient sur le pas de leur porte et parlaient de cette arrestation : les uns d’un contrôle d’identité, les autres d’une réquisition pour un travail en usine.

Mon père ne disait presque rien, ce qui n’était pas son habitude ... mais il me dit gravement : j’ai grand peur que cela soit très grave pour eux ... les malheureux.

Au bout de trois quart d’heure environ, les policiers français et civils sortirent de la maison par la porte du couloir et tous montèrent dans les voitures. Nous étions toujours sur le pas de la porte. Mon père et moi nous nous sommes avancés au bord du trottoir au maximum lorsque les voitures ont démarré pour les voir passer : dans la Renault encadrée par les autres voitures, à l’arrière se tenaient sur la droite Monsieur Suganas, Jacques et Michel, ses fils. En passant à notre hauteur, ils nous regardèrent profondément et me voyant, Jacques souleva légèrement la main, le tout en quelques secondes inoubliables.

Ils furent emmenés au camp de Mulsanne, y restèrent un ou deux jours et disparurent sans jamais donner de nouvelles. Aussitôt, mon père et les femmes allèrent rejoindre Madame Suganas qui était en pleurs avec Hélène et Jeannette.

Quelques jours après, Madame Suganas vint à la maison, très déprimée et mon père lui renouvela sa proposition de les faire fuir à la campagne. Elle ne voulut pas pour ne pas  provoquer de représailles à “ses chers” et elle nous raconta l’arrestation qui venait de se produire et voici ce qu’elle dit : “Ce sont des policiers français en uniforme, un chauffeur de la Feldgendarmerie en uniforme de troupe allemande et des civils, sans doute des hommes de la gestapo, lesquels dirent devant ses deux fils “très bon travail”, qu’ils prennent une valise avec des vêtements chauds. Elle espérait que c’était pour travailler en France au pis en Allemagne”.

Madame Suganas fut elle-même arrêtée début octobre avec ses deux filles Hélène et Jeannette. La petite dernière, dans un geste désespéré se jeta sous les roues de la voiture pour ne pas partir.

Je n’ai pas assisté à l’arrestation de Mme Suganas et de ses deux filles, ayant été transporté d’urgence à la clinique St Côme pour une péritonite le 5 octobre 1942 et ne devant en revenir qu’un mois plus tard.

Elles restèrent à Drancy quelques temps, nous ne reçûmes d’elles qu’une seule lettre datée du 21 octobre 1942 :

Chère Madame et Monsieur Audinot,

On s’adresse à vous, chers amis, car nous sommes certains que vous ferez votre possible pour satisfaire à notre demande. Nous sommes depuis dimanche ici et nous avons le droit d’écrire une lettre par semaine et recevoir un colis de 3 kilos par semaine. Ce qui nous manque le plus ici c’est le pain. Vous seriez bien (mot illisible) de nous envoyer du pain, des biscottes, du beurre frais, du fromage, du sucre. Nous espérons que vous nous ferez ça aussitôt que vous aurez reçu la lettre et nous vous remerçions beaucoup d’avance. Madame Audinot je vous demande si possible de nous envoyer du coton blanc à repriser et du coton beige pour les bas. Vous pouvez demander à Madame Sorlin, elle aura, je l’espère la gentillesse de nous rendre ce petit service. En même temps je leur souhaite bien le bonjour. Chère Madame Audinot, j’ai besoin aussi pour la constipation des comprimés de Boldo-lasine que vous achèterez chez le pharmacien, en même temps vous achèterez un tube de vaseline gaménolée. On espère que vous êtes tous en bonne santé. Nous on se porte assez bien à part moi, avec ma faible santé. Au revoir chers amis. Vous allez souhaiter le bonjour à tous les voisins et à Madame Audinot, votre mère. Hélène et Jeannette vous envoient beaucoup de baisers. Merci beaucoup d’avance.
Votre amie, Mme Salomon

Mes parents envoyèrent deux colis séparés, car mon père dit qu’il fallait procéder de cette façon pour avoir la chance qu’ils puissent en recevoir un ... et il fit recouvrir le papier d’emballage d’une toile de jute cousue pour éviter les vols et voir s’il n’avait pas été ouvert...

Quelques jours après l’expédition, nous reçûmes l’ordre sur un simple papier de ne plus rien envoyer pour cause de départ pour une destination inconnue... La police allemande passa à notre domicile et posa des questions à mes parents sur nos relations avec les Suganas. ...”.

De la gare au domicile de Claude Audinot, le trajet a été rapide. Lorsque la porte du séjour s’ouvre, je fais face à la cheminée sur laquelle je découvre une ménorah.

“C’était mon copain, c’était mon ami, un soir il est parti. J’ai tenu ma promesse, je ne veux pas qu’il soit oublié. Adieu mon ami.

Lettre manuscrite de Madame Simone Veil





J'ai été aux anges de recevoir ce message de la part de cette grande dame, peu de temps après la parution de mon livre Mosaïque ou reconstitution d'une mémoire.

"Je vous suis très reconnaissante de m’avoir faire parvenir “Mosaïque” et vous en remercie infiniment. Je l’ai lu d’un trait le jour même où je l’ai reçu et si j’ai tardé à vous faire part de mes sentiments, c’est parce que j’ai été absente de Paris.

J’ai été particulièrement touchée par votre démarche originale de “reconstitution d’une mémoire” qui permet d’aller bien au delà qu’un simple récit biographique.

Oserai-je dire que le choix et la qualité des photos confèrent à votre livre un caractère précieux qui renforce l’émotion suscitée par l’évocation de vos proches et des lieux où ils ont vécu.

Au moment où nous sommes si préoccupés de la transmission de la mémoire, il me paraît que cet ouvrage exceptionnel soit largement diffusé. Pour ma part je m’apprête à le faire autour de moi, en regrettant que sa publication soit si discrète. Je constate une fois de plus combien il est difficile de rencontrer un véritable intérêt pour ces questions douloureuses qui devraient faire partie de notre histoire."
Simone Veil